22.09.2008

Manifestation pacifique

Ce poste doit être maintenu .
Les constipations financières de l'état doivent être traitées de façon appropriée .
L'avenir de nos enfants est en jeu .
Situation parfois délicate que celle de parent d'élève .

Mon imaginaire se morfond dans des méandres, malaises, insomnies ...
Réveils difficiles .

Autant faire la fête, se réunir autour d'un festin, voir la vie en rose, comme à Toulouse, affronter une mêlée ouverte, transformer l'essai, renforcer ses arguments ... autour d'un plat unique, convivial, gratiné : un cassoulet .

Ce plat, interdit dans les couvents provoquerait selon Saint Jérôme, docteur de l'Eglise, des effets pervers par son action excitante sur les organes génitaux par vents de haricots interposés. "In partibus genitalibus titilliationem producunt".

Notre rendez-vous avec les instances académiques est pour demain matin . Nous nous gavons de saucisse, d'oie confite et de haricots somptueusement enrobés de magnificences gastronomiques . Notre plein de doléances est arrimé, notre arme souterraine, intestine, concoctée .

Entrés en nombre dans le bureau confiné, notre éminent interlocuteur est très, très rapidement ébranlé par la justesse de notre réquisitoire .

La promptitude de sa décision a-t-elle été influencée par certaines flatulences ?

Peut-être ...
L'union fait la force, l'argumentaire, le sérieux, et les haricots ... l'efficacité .

01.08.2008

Kerverous

La guitare, légère, se cisèle dans les frisures du persil. Le violoncelle s’enfouit dans la profondeur du basilic. Le piano, un peu sourd, apporte sa langueur sauvage de laurier. Par petites touches, la fraîcheur piquante de la ciboulette tinte dans quelques notes de flûte pour se perdre dans la gravité lourde de menthe d’un saxo nostalgique. Les ondulations des cordes du thym, émaillé de citron, vibrent dans l’archet du violon. Le battement de l’ail palpite et se mesure aux inflexions débridées des oignons et échalotes, percussions qui heurtent, animent, font danser nos têtes et nos pieds enfouis dans les arômes, bercés par ces modulations dans lesquelles nous aimons nous noyer.

Le frémissement prolongé de la cymbale fait percevoir la subtilité de la marjolaine qui parfume les pizzas croustillantes. Nous valsons avec les poulets qui tournoient dans la cheminée, luisants d’huiles résonnantes d’épices, échappant aux flammèches bleues et vertes qui jaillissent des braises rougeoyantes. Nous attendons le gong qui nous signalera la fin de la lutte entre la bête et le feu en picorant dans les multiples salades et autres sonnailles aux accords martelés.

La grande pièce couronnée d’une mezzanine accueille avec volupté cette soirée « bœuf » où musique et effluves s’emmêlent dans le chas de la nuit. Intimité et liberté, un patchwork de créations sensuelles ouvertes aux regards. Une rencontre enrichie du chœur de la montagne où l’ankou cadence la mesure du temps au rythme du balancement de sa faux.

Tout alentour, les maisons ont été décerclées de leur inclinaison aux reflets mordorés. Les mines sans couvercle s’abandonnent à la mer inamovible des strates du ciel. Les dalles gisent dans l’infini de la terre inaccessible aux labours. L’eau s’infiltre, gémissante, et rouille les feuillets entrouverts, pages burinées par les palimpsestes d’une vie qui ne peut se muer en silence, car sans cesse agitée par les confidences de la lande.

L’ancre de la nuit s’est agrippée à l’éternité où le solo du chant de l’ardoise a été pris en otage par le tourbillon d’une profonde plénitude.

Alchimie d’une fête d’où l’ankou s’est enfui dans sa cacophonie discordante devenue inaudible.

Connivence…

13.07.2008

nouvelle note

Brest 92, 2008
 
Un ver de terre émancipé
rosissait sur le sable
il exhibait sa nudité
pour faire dorer son râble
                                    l'impertinent...
L'hiver s'étonne de ces façons
l'été se maquille dans la loge
mais sur la plage il fait si bon
au soleil d'avril qui dérange
                                    l'impertinent...
Les ailes vives d'un papillon
folâtraient sur la grève
il écarquille ses yeux ronds
quel spectacle de rêve
                                    impertinent
Le ver de terre tombe amoureux
du papillon tout rose
une fête de l'amour heureux
sous un ciel en osmose
                                    l'impertinent...
Au Moulin Blanc l'été suivant
les ailes furent nombreuses
à se croiser au gré des vents
d'une rade fastueuse
 
Le ver de terre étonné
par sa progéniture
se dit "bon sang, ces nouveau-nés
se sont fait des mâtures"
                                    petits impertinents!
 
Moralité
Quand un ver prend son pied
méfions-nous des fantasmes
qu’il pourrait provoquer
                                    l'impertinent...
 
 
Et pour rester dans l’ambiance des « Jean-Françouais de Nantes… », pourquoi ne pas tester un Picon-bière, voire un « Pencran » ?
Vous ne connaissez pas ? C’est un café arrosé : calva, lambig, armagnac…
Dans le coin, quand on est en voiture, pressé, coincé derrière un tracteur sur une route secondaire, le « Pencran » affiché à l’arrière de la remorque reste gravé dans la mémoire…